Le lustre de la grande mosquée de Taza


«O toi qui regardes ma perfection, assure ton regard et fais jouir ton œil de ma beauté qui resplendit
Je suis le lustre dont Taza s’enorgueillit parmi les villes. Le temps ne verra rien qui soit semblable
J’ai été coulé dans le moule de la beauté éclatante ainsi que l’avait voulu le prince Abou Yacoub lorsqu’il a donné l’ordre de me construire». 

Ce sont là des vers d’un poème lyrique qui met en exergue la beauté du lustre de la mosquée «Jamâa Lakbir» qui fait l’objet de la fierté des habitants de Taza et qui a résisté aux aléas du temps.

Ce lustre de type hispano-mauresque qui attire l’attention de tous les visiteurs de la ville, a été décrit dans les livres de plusieurs voyageurs et historiens.
Importé d’Andalousie à la suite de la bataille d’Alarcos où les troupes de Yacoub El Yousouf (1195) ont remporté la victoire, il est actuellement considéré comme le plus grand lustre de mosquée de l’Afrique du Nord.

Le Rawdal-Qirtas précise qu’il a été mis en place à l’achèvement de la mosquée en 693 H.J-1294 J.C. Il pesait 32 quintaux, possédait 514 calices à godets, destinés à recevoir de l’huile lampante. Il étonne d’abord par ses dimensions. Il mesure près de quatre mètres de hauteur sur deux et demi de largueur.

Il est habilement structuré tant dans sa constitution que dans son décor. A la coupole, la flore est découpée à jour et ciselée.
Ce lampadaire de dimensions inusitées - qui est à lui seul comme un monument à part -nous est parvenu dans un état de conservation remarquable. Sans doute il a perdu les supports des godets à huile qui se disposaient tout autour de ses plateaux étagés ; mais quelques restes de leur base et les supports du petit lustre permettent de les restituer dans leurs grandes lignes. Les bobéchons de sa couronne inférieure ont disparu, à l’exception d’un seul, dont les formes et le décor n’ont subi aucune altération. Quelques panneaux ajourés ont souffert: mais tantôt des panneaux semblables subsistent en plusieurs exemplaires, tantôt il est très facile de rétablir le décor dégradé.
Ces mutilations de détail n’apparaissent pas de prime abord, lorsqu’on découvre le lustre dans l’encadrement de ses arcs à lambrequins : tous les ornements soigneusement débarrassés de la crasse de poussière et d’huile qui les recouvrait, apparaissent dans toute leur fraîcheur de taille. Le métal, préservé de toute oxydation profonde, est couvert d’une belle patine assez claire et assez uniforme pour ne jamais nuire à l’ornement.
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